Chirurgie de l’obésité

Pourquoi ?

La chirurgie de l’obésité est considérée comme une solution efficace pour lutter contre l’obésité et les comorbidités qu’elle engendre. La grande question qu’il faut alors se poser est « quel est le rapport bénéfice / risque de cette solution ? », sachant qu’il ne s’agit en rien d’une solution miracle et qu’elle implique le patient à vie dans un parcours de soins bien spécifique.

L’objectif de la chirurgie de l’obésité est d’augmenter l’espérance de vie des patients en réduisant  les risques liés aux comorbidités engendrées, entre autres, par l’état d’obésité.

Avant d’entrer un peu plus dans les détails, il convient de rappeler les recommandations fixées par la HAS pour pouvoir bénéficier d’une prise en charge dans le cadre d’une chirurgie de l’obésité.

Qui peut bénéficier d’une chirurgie de l’obésité ?

  • patients avec un IMC ≥ 40 kg/m² ou bien avec un IMC ≥ 35 kg/m² associé à au moins une comorbidité susceptible d’être améliorée après la chirurgie, notamment hypertension artérielle, syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) et autres troubles respiratoires sévères, désordres métaboliques sévères, en particulier diabète de type 2, maladies ostéo-articulaires invalidantes, stéatohépatite non alcoolique
  • en deuxième intention après échec d’un traitement médical, nutritionnel, diététique et psychothérapeutique bien conduit pendant 6-12 mois
  • en l’absence de perte de poids suffisante ou en l’absence de maintien de la perte de poids
  • patients bien informés au préalable, ayant bénéficié d’une évaluation et d’une prise en charge préopératoires pluridisciplinaires
  • patients ayant compris et accepté la nécessité d’un suivi médical et chirurgical à vie
  • risque opératoire acceptable

Quelles sont les différentes techniques chirurgicales ?

L’anneau gastrique

La sleeve gastrectomie

La sleeve endoscopique ? La plicature ?

Le by pass en Y

Le switch duodenal

Sadi ?

Nsleeve ?

Le by pass en omega ?

Comment ?

Selon la HAS, la prise en charge des patients dans le cadre de la chirurgie bariatrique doit être réalisée au sein d’équipes pluridisciplinaires, en liaison avec le médecin traitant. Cette prise en charge s’inscrit dans le cadre d’un projet personnalisé pour le patient.

La prise en charge des patients candidats à une intervention de chirurgie bariatrique doit s’intégrer dans le cadre de la prise en charge médicale globale du patient obèse (accord professionnel).

Le patient s’inscrit alors dans un parcours de soin préopératoire. La durée minimum de cette préparation est de 6 mois et nécessite des rendez-vous médicaux auprès de l’ensemble des membres composant l’équipe pluridisciplinaire.

La chirurgie bariatrique est indiquée par décision collégiale, prise après discussion et concertation pluridisciplinaires (accord professionnel), chez des patients adultes réunissant l’ensemble des conditions requises.

Le patient doit être informé à toutes les phases de la prise en charge dans le cadre de la chirurgie bariatrique.

L’information doit porter principalement sur :

  • les différentes techniques chirurgicales : leur principe, leurs bénéfices respectifs, leurs risques et inconvénients respectifs, les limites de la chirurgie 
  • la nécessité d’une modification du comportement alimentaire et du mode de vie (nécessité d’une activité physique régulière) avant et après l’intervention   
  • la nécessité d’un suivi médico-chirurgical à vie et les conséquences potentiellement graves de l’absence de suivi 
  • la possibilité de recours à la chirurgie réparatrice après la chirurgie bariatrique.

Il est nécessaire de s’assurer que le patient a bien compris l’ensemble de ces informations, d’où l’extrême importance de la durée de 6 mois minimum pour  la préparation.

Un refus à l’issue de cette phase de préparation préopératoire ne signifie pas qu’il n’y aura jamais d’opération, mais plutôt que le patient ne semble pas encore prêt à ce changement de vie et les bouleversements que l’opération entraînent.

Lorsque le patient accepte de bénéficier d’une chirurgie de l’obésité en connaissance de cause, celui-ci s’engage moralement auprès des professionnels de santé qui l’accompagnent à s’inscrire dans un parcours de soins et un suivi à vie.

Rappel : l’obésité étant une maladie chronique, la chirurgie de l’obésité n’est pas une baguette magique. Une chirurgie de l’obésité peut être, par exemple, à l’origine de carences ou troubles neurologiques, entraîner des transferts de troubles, ou encore une décompensation malheureusement à l’origine encore de trop nombreux suicides. Il est donc OBLIGATOIRE de respecter un calendrier de rendez-vous médicaux. La fréquence des consultations est fixée à au moins 4 fois la première année, 1 ou 2 fois par an après.

Ces rendez-vous médicaux permettront de déceler par exemple les carences en vitamines et minéraux s’il y a lieu, de s’assurer du bon fonctionnement du montage chirurgical, ou encore d’évaluer psychologiquement le patient face à sa nouvelle image. Les professionnels de santé s’assureront de la poursuite des bonnes attitudes des patients notamment en matière diététique ou encore en ce qui concerne la poursuite de la pratique d’une activité physique.

A noter :

Le recours à la chirurgie réparatrice est possible après stabilisation de la perte de poids, 12 à 18 mois après chirurgie bariatrique et en l’absence de dénutrition, en d’autres termes si la condition mentale et physique du patient le permet.

Les grossesses sont fortement déconseillées durant la première année qui suit l’intervention, les risques pour le fœtus et la mère étant multipliés et pouvant engendrer des situations dramatiques.